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Une hypnose qui pense comme les TCC, et qui travaille là où les mots ne suffisent plus

il y a 1 jour
8 min de lecture
Hypnose et TCC à Nice

Il y a deux profils de personnes qui finissent souvent par me trouver.


Les premières ont déjà essayé l'hypnose, quelque part, et en sont ressorties avec une impression de flou. Un bel espace de détente, des métaphores agréables, mais rien qui tienne vraiment une fois rentrés chez eux. Du coup, elles aimeraient quelque chose de plus structuré, de plus sérieux (sans savoir si ça existe !).


Les secondes ont fait le chemin inverse en quelque sorte. Elles ont lu, compris, peut-être suivi une approche TCC (une thérapie cognitive, comportementale et émotionnelle). Elles savent tout de leurs mécanismes. Et pourtant, quand l'émotion monte, tout ce savoir semble ne plus servir à rien. Elles ont l'impression d'avoir travaillé avec leur tête, mais pas là où ça se joue vraiment.


Si vous vous reconnaissez dans l'un ou l'autre, cet article est pour vous. Parce que ma façon de travailler se situe précisément à la jonction des deux : Une hypnose qui emprunte aux TCC leur manière de comprendre, et qui utilise l'état d'hypnose pour intervenir là où le raisonnement seul atteint souvent ses limites.



D'abord, comprendre l'engrenage

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) ont apporté quelque chose de très utile: une carte. Une façon claire de voir comment une difficulté peut se créer et comment elle s'auto-entretient, étage par étage.


Je m'en sers presque tout le temps, même quand je travaille en hypnose. Voici cette carte :


Tout en bas (ou tout en haut !), il y a ce que la psychologie cognitive, à la suite d'Aaron Beck, appelle un schéma inconditionnel. Un schéma profond, une conviction sur soi, les autres ou le monde, formée souvent tôt et rarement remise en question. Certains appellent ça "croyance profonde" ou "croyance inconditionnelle" (voire une "croyance limitante") mais, peu importe la manière qu'on a de l'étiqueter, ça peut être quelque chose comme « je ne suis pas à la hauteur » ou « je suis vulnérable ». Ce n'est pas une pensée qui passe, c'est un filtre à travers duquel le monde, les autres et soi sont perçus.


Au-dessus se construit un schéma conditionnel (aussi appelée "croyance conditionnelle", une règle. C'est le « il faut », le « je dois » qu'on s'impose pour composer avec le schéma profond. « Alors je dois être irréprochable. » « Alors je dois tout contrôler. » Ces règles sont des stratégies de survie, au fond. Elles ont eu leur utilité. Elles finissent par coûter cher.


Puis viennent les pensées automatiques, ces pensées clés, ces pensées dominantes qui surgissent dans l'instant, sans qu'on les souhaite : « ils vont me juger », « ça va mal tourner ». Elles déclenchent l'émotion (trac, honte, anxiété, tristesse, colère...). Et l'émotion déclenche le comportement : je me tais, j'évite, je vérifie, je sur-contrôle, j'explose.


Le piège, c'est que le comportement vient confirmer le schéma de départ. Une sorte de serpent qui se mord la queue : si vous ne prenez jamais la parole, donc vous n'apprenez jamais que vous pouvez le faire, donc « je ne suis pas à la hauteur » reste vrai. L'engrenage tourne tout seul.


C'est pour ça que « se raisonner » échoue si souvent : on s'attaque à une pensée automatique tout en haut, alors que la machine "tourne à tous les étages" en même temps.



Là où l'hypnose peut changer les choses

Voici le point que je tiens à rendre clair, parce qu'on imagine souvent l'hypnose soit comme un simple supplément de relaxation posé à la fin, soit comme un truc qui nous met "sous contrôle" d'une autre perrsonne.


Ce n'est pas ça. L'hypnose me permet d'entrer dans cet engrenage que j'ai survolé juste avant par n'importe quel étage, selon la personne. Il n'y a pas d'ordre imposé. Chez certains, on commencera par apaiser l'émotion. Chez d'autres, par assouplir le schéma profond. Chez d'autres encore, l'hypnose fera émerger d'elle-même une compréhension qu'aucune analyse n'avait pu produire...


Pourquoi ? C'est parce que l'état d'hypnose donne accès au niveau émotionnel et automatique, celui où « comprendre » ne suffit pas. Vous pouvez savoir parfaitement que votre peur est disproportionnée. Le savoir ne la désactive pas.


L'hypnose, quant à elle, travaille dans la langue de l'émotion, pas seulement dans celle de la raison. C'est là toute la différence, et c'est ce qui explique, sans doute, que les données scientifiques les plus solides sur l'hypnose la montrent surtout efficace quand elle est combinée à une approche comme les TCC, plutôt qu'utilisée seule.


Une précision importante, parce qu'elle vous protège de promesses parfois trop belles de certains thérapeutes ou institut de formation :

Quand je parle d'agir sur un schéma, je ne parle pas de l'effacer. On n'efface pas ce qui s'est construit sur des années. Ce que je cherche, c'est à lui redonner de la souplesse. À ce que « je ne suis pas à la hauteur » cesse d'être une certitude pour redevenir une simple pensée, qui pourra encore s'inviter parfois, dans les moments qui comptent, mais que vous saurez alors mettre à distance, écarter, ne plus prendre pour la réalité. En termes plus techniques, on parle de défusion. En termes simples : la pensée est toujours là, mais elle ne vous conduit plus.



Un premier exemple : la prise de parole qui reste coincée

Prenons une situation fréquente (en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit pas d'une personne réelle, mais de composantes que j'observe plus ou moins régulièrement).


  • si un schéma dit : « je ne suis pas à la hauteur ».

  • Par-dessus, la règle peut être : « alors je dois être irréprochable pour avoir le droit de parler ».

  • En réunion, une pensée automatique qui peut tomber : « ce que je vais dire est nul, ils vont me juger ».

  • Vient le trac, la honte par anticipation.

  • Et le comportement : je me tais, je laisse passer, je sur-prépare pour la prochaine fois.

  • Comme je ne prends jamais la parole, rien ne vient contredire le schéma. Il se renforce.


En hypnose, selon la personne, portes peuvent être explorées. Par exemple :

  • On peut aller vers les scènes anciennes, où « il faut être parfait pour être accepté » s'est installé, et y retourner avec le regard de l'adulte d'aujourd'hui, pour apporter à cet enfant ce qui lui a manqué.

  • On peut aussi revivre une réunion en "dissocié", comme en observant la scène de l'extérieur, accompagné d'une figure bienveillante qui répond autrement au « ils vont me juger ». On conteste alors l'automatisme, mais par l'expérience, pas seulement par la discussion. (C'est le moment où mon travail rejoint le plus les TCC, en passant par une autre porte).

  • Et on peut aussi, après avoir installé un état ressource et un lieu de sécurité intérieur, réassocier la prise de parole à ce calme, puis se voir intervenir par étapes jusqu'à ce que la scène perde de sa charge.


Trois portes, un même objectif : que le corps apprenne ce que la tête savait déjà.



Un second exemple : l'anxiété qui ne s'arrête jamais

Autre cas "composite", une sorte de synthèse de choses souvent observées en consultation :

  • Le schéma profond, cette fois : « je suis vulnérable, je ne pourrai pas faire face ».

  • La règle : « alors je dois tout anticiper et garder le contrôle ».

  • Les pensées automatiques, ce sont les « et si », les scénarios du pire en chaîne.

  • L'émotion, une anxiété diffuse, une tension qui ne lâche pas.

  • Et le comportement : hypervigilance, ruminations, vérifications. Avec ce paradoxe cruel que se détendre devient difficile, parce que pour un système en alerte, baisser la garde ressemble à un danger.


Ici, je commence souvent par l'émotion. En hypnose, on peut apprendre à faire monter puis redescendre l'anxiété, presque comme un exercice. L'air de rien, ça démontre au cerveau qu'une émotion qu'on croyait subie est en réalité modulable. La personne reprend une prise là où elle se sentait impuissante.


Puis on écoute cette anxiété, pour comprendre ce qu'elle protège ou signifie. J'en parle en long et en large dans mon livre « Mon Guide Pratique des Émotions ». Il peut s'agir de débusquer le crocodile : la peur qui se cache sous le besoin de contrôle. Ou débusquer le « sinon quoi », ce raisonnement inconscient (« si je lâche, alors... ») qui tient tout l'édifice. Très souvent, sous le contrôle, il y a une peur bien plus ancienne. La nommer, déjà, change quelque chose. Une émotion n'est pas un ennemi à faire taire, c'est un message à décoder, et une bonne partie de mon accompagnement consiste à vous réapprendre à l'écouter plutôt qu'à la fuir.


Ensuite seulement, on peut assouplir le schéma « je suis vulnérable » et installer un sentiment de sécurité qui ne dépende plus du contrôle permanent.


Quand l'anxiété est ancienne, diffuse, présente dans plusieurs domaines à la fois, ce travail gagne à s'inscrire dans un cadre plus structuré que quelques séances. C'est exactement ce que propose la Méthode C.A.P., le programme que j'ai conçu pour la gestion d'une anxiété tenace et ancienne.



Ni mystique, ni purement cérébral

Vous voyez sans doute où je veux en venir... Mon approche n'a rien d'un numéro de spectacle et rien non plus d'un travail exclusivement intellectuel où on comprend mais rien ne bouge. Elle emprunte aux TCC leur rigueur, cette lecture claire des mécanismes. Et elle utilise l'hypnose pour aller travailler là où l'émotion se loge, à un niveau que le raisonnement seul n'atteint pas toujours.


Je ne suis ni médecin ni psychologue, et mon travail vient en complément d'un suivi médical, jamais à sa place. Si votre anxiété est intense, ou vous inquiète physiquement, la première étape reste une consultation médicale. Pour le reste, la meilleure façon de voir si cette approche vous convient, c'est d'en parler. Le premier échange téléphonique est gratuit, et je vous dis honnêtement si l'hypnose est la bonne porte pour vous, et laquelle.




Cédric Nedellec est hypnothérapeute à Nice (cabinet au 10 rue Cronstadt et téléconsultations) depuis l'ouverture de son premier cabinet en 2017. Formé à la psychologie et à la psychopathologie, praticien en hypnose ericksonienne et thérapies brèves, il pratique une hypnose nourrie des approches et des méthodes TCC. Il est l'auteur de « Mon Guide Pratique des Émotions » et le concepteur de la Méthode C.A.P.


Références : Beck A.T., modèle cognitif (schémas inconditionnels, schémas conditionnels et pensées automatiques). Beck J.S. (2011), Cognitive Behavior Therapy: Basics and Beyond. Valentine K.E. et coll. (2019), The Efficacy of Hypnosis as a Treatment for Anxiety: A Meta-Analysis, International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, qui observe de meilleurs résultats de l'hypnose combinée à d'autres approches.



FAQ

Q1 : Quelle est la différence entre l'hypnose et les TCC

R1 : Les thérapies cognitives et comportementales offrent une lecture claire des mécanismes d'une difficulté : le schéma profond, la règle qu'on s'impose, les pensées automatiques, l'émotion et le comportement qui en découlent. L'hypnose permet d'intervenir sur ces mêmes niveaux, mais dans la langue de l'émotion plutôt que du seul raisonnement, là où comprendre ne suffit pas à changer. Les deux ne s'opposent pas : je pratique une hypnose nourrie des approches et méthodes TCC.

R2 : L'objectif n'est pas d'effacer un schéma construit sur des années, mais de lui redonner de la flexibilité. Une conviction comme « je ne suis pas à la hauteur » peut cesser d'être vécue comme une certitude pour redevenir une simple pensée, plus facile à mettre à distance quand elle réapparaît. On parle de défusion : la pensée peut encore surgir, mais elle ne vous conduit plus.


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