L'hypnose ericksonienne, c'est quoi au juste ?

Commençons par ce qui inquiète le plus, parce que c'est souvent ça qui empêche de franchir la porte. Non, en hypnose ericksonienne, vous ne perdez pas le contrôle (pas totalement). Vous ne dormez pas (même si parfois vous partez loin). Vous ne révélez pas de secrets malgré vous, et personne ne vous fait faire quoi que ce soit contre votre volonté. Vous restez présent, conscient, capable de parler, de bouger et d'interrompre la séance quand vous le souhaitez.
L'image qui effraie vient de l'hypnose de spectacle, où une personne semble obéir à un hypnotiseur. Ça n'a rien à voir avec ce qui se passe dans un cabinet (du moins pas dans la manière de faire). Le mot est le même, la pratique est à l'opposé.
Alors de quoi parle-t-on vraiment ?
Un état que vous connaissez déjà
L'état d'hypnose n'a rien d'exotique. Vous l'avez traversé cent fois sans lui donner de nom. Ces moments où vous conduisez et arrivez à destination sans vous souvenir du trajet. Quand un film vous absorbe au point d'oublier la salle autour de vous. Quand vous êtes perdu dans vos pensées et que quelqu'un doit répéter votre prénom deux fois.
À chaque fois, votre attention se focalise sur un point et le reste passe à l'arrière-plan. Au fond, l'état hypnotique ressemble un peu à ça : une attention modifiée. Ce n'est ni un sommeil, ni une pleine vigilance ordinaire, un entre-deux où l'on devient plus réceptif à son monde intérieur. En séance, on ne fait que provoquer volontairement cet état, et surtout, on s'en sert.
D'où vient le mot « ericksonienne »
Le terme vient de Milton Erickson, un psychiatre américain du siècle dernier, considéré comme l'une des figures majeures de l'hypnose thérapeutique moderne. Sa manière de travailler a marqué une rupture avec l'hypnose autoritaire d'avant lui.
Là où l'hypnose classique donnait des ordres (« vous allez dormir »), Erickson proposait, suggérait, racontait. Une approche assez permissive et bien souvent indirecte, qui part du principe que la personne possède déjà en elle les ressources dont elle a besoin, et que le rôle du praticien est de l'aider à y accéder, pas de lui imposer quoi que ce soit. C'est une nuance de fond. Elle change tout dans la relation.
C'est cette approche que je pratique, formé à l'hypnose ericksonienne par des psychologues, dans un cadre que je tenais à choisir sérieux plutôt qu'un stage de quelques jours.
Concrètement, à quoi ça sert
Un état modifié d'attention, en soi, ne soigne pas vraiment. Ce qui compte, c'est ce qu'on y fait.
Cet état permet d'accéder plus facilement à ce qui fonctionne en automatique chez vous : des réactions, des émotions, des schémas installés qui échappent à la seule volonté... Vous savez sans doute qu'une décision consciente (« je ne vais plus stresser ») ne suffit pas à changer une réaction automatique. L'hypnose offre une autre voie d'accès, plus directe, vers ces automatismes, pour les assouplir en douceur.
Je m'en sers rarement seule, d'ailleurs. Je la combine le plus souvent avec d'autres outils, notamment issus des thérapies cognitives et comportementales, parce que c'est ce qui donne les résultats les plus solides. J'en parle en détail dans un autre article, sur ma façon d'articuler hypnose et TCC.
Est-ce que ça marche sur tout le monde ?
La réceptivité à l'hypnose varie d'une personne à l'autre, c'est vrai. Mais l'immense majorité des gens peut atteindre un état de travail suffisant, et la crainte de « ne pas être hypnotisable » se dissipe presque toujours dès la première expérience. Il n'y a rien à réussir, rien à forcer. Plus vous laissez faire, plus ça vient.
Et si une porte d'entrée ne vous convient pas, il y en a d'autres. C'est justement l'intérêt d'une approche qui s'adapte, et non l'inverse.
Un mot pour finir : L'hypnose est un accompagnement du mieux-être, pas un soin médical. Je ne suis ni médecin ni psychologue, et mon travail vient en complément d'un suivi médical, jamais à sa place. Si vous avez la moindre question sur ce qu'elle peut vous apporter, le premier échange téléphonique est gratuit, et j'y réponds honnêtement.
Pour aller plus loin : Qui suis-je et ma formation | Mon approche : hypnose et TCC | Hypnose et gestion de l'anxiété
Cédric Nedellec est hypnothérapeute à Nice (cabinet au 10 rue Cronstadt et téléconsultations) depuis l'ouverture de son premier cabinet en 2017. Formé à la psychologie et à la psychopathologie, praticien en hypnose ericksonienne et thérapies brèves, il pratique une hypnose nourrie des approches et des méthodes TCC. Il est l'auteur de « Mon Guide Pratique des Émotions » et le concepteur de la Méthode C.A.P.
Repère historique : Milton H. Erickson (1901-1980), psychiatre américain, figure fondatrice de l'hypnose thérapeutique dite permissive et indirecte.
Perd-on le contrôle en hypnose ericksonienne ?
Non. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler, bouger et interrompre la séance quand vous voulez. L'hypnose ericksonienne est une approche permissive : le praticien propose et suggère, il n'impose rien. Cela n'a aucun rapport avec l'hypnose de spectacle.
Tout le monde est-il réceptif à l'hypnose ?
La réceptivité varie, mais la grande majorité des personnes atteint un état de travail suffisant, et la crainte de ne pas être hypnotisable se dissipe presque toujours dès la première séance. Il n'y a rien à réussir ni à forcer ; et si une approche ne convient pas, d'autres portes d'entrée existent.



