Hypnose et méditation : Quels effets sur le cerveau ? Quels bienfaits dans un parcours de soin ?

Plasticité cérébrale

Les états méditatifs et hypnotiques, à travers les modifications de nos états de conscience, produisent des effets biologiques concrets et mesurables.


L'IRM fonctionnelle a notamment permis d'observer les voies cérébrales distinctes de ces 2 types de pratique.

Elles peuvent aller jusqu'à modifier nos cellules et... même notre ADN !

Quels sont les bienfaits de la méditation et de l’hypnose ?

  1. Lien corps esprit démontré par les neurosciences

  2. Effets de l'hypnose sur le cerveau

  3. Effets de la méditation sur le cerveau

  4. Une place de choix dans les parcours de soin


Nous n’avons pas fini d’être ébahi par les liens corps-esprit

La médecine et la recherches sont fondées sur des preuves scientifiques. Faire des études qualitatives, où le bien-être psychologique peut être mesuré, est tout autant prépondérant que le fait d’obtenir des mesures concernant l’état physiologique. Mais financer ce type de recherches, qui n’est pas appuyé par l’industrie pharmaceutique, est très difficile !


L’hypnose et la méditation sont des expériences personnelles et subjectives, bien loin des critères de recherches qui se fondent sur des preuves, des variables expérimentales bien trop définies. Pourtant, chaque mois, une 100aine d’articles scientifique sont publiés sur ces sujets. Cet engouement scientifique des 15 dernières années porte désormais ses fruits : il est désormais prouvé que modifier notre état de conscience, grâce à la méditation ou l’hypnose, produit de nombreux changements biologiques, tant au niveau du cerveau, des cellules ou de l’ADN !


Une chose est désormais irréfutable : le corps est l’esprit sont inexorablement liés !


Ces études actuelles, réalisées notamment grâce aux nouvelles technologies d’imagerie, ont même permis de révéler pour quels troubles et problématiques chacune de ces deux approches est efficace.


L’hypnose a des effets mesurables sur le cerveau

Différent de l’état de veille ou de l’état de sommeil, l’état hypnotique, aussi nommé transe, est un état modifié de conscience unique.


La première étape consiste en une phase d’induction, une « dépotentialisation » du conscient, durant laquelle une baisse de l’activité mentale, de « la conscience » se fait au profit d’automatismes dits « inconscients ». Cette diminution de l’activité rationnelle se mesure dans le cortex préfrontal… Mais ce n’est pas tout !


En hypnose, tout un ensemble de zones cérébrales distinctes s’activent : Les régions occipitales, liée à la vue, les zones pariétales, liées au ressenti mais aussi la région précentrale, liée au mouvement ! C’est comme si une personne sous hypnose voyait, bougeait et ressentait vraiment ! D’où cette impression, définit parfois comme « étrange », où la personne à la sensation d’expérimenter réellement une situation nouvelle ou un souvenir.

Et c’est ici que réside la particularité de l’hypnose en tant qu’état modifié de conscience : Elle accroît notre attention à l’expérimentation. Et, loin d’être un état passif de sommeil comme on pourrait le croire, il est normal d’être en partie conscient ! C’est d’ailleurs ce que les praticiens en hypnose nomment « ego observer » … mais ce n’est pas le but de cet article !

Effets neurologiques de l'hypnose

Une étude publiée en 2016, par des chercheurs américains, démontrent, grâce à l'IRM fonctionnelle, 3 changements majeurs du cerveau :

  • Une diminution de l'activité dans le cortex cingulaire antérieur dorsal. Elle signe, selon Steven Laureys "le moment de la perte de contact avec l'extérieur, la création d'une bulle, et en même temps l'ouverture à la suggestion".

  • Une augmentation des connexions vers des structures qui jouent un rôle important dans le contrôle corporel ou dans les processus d'émotion, d'empathie et de temporalité. "Et en effet, on s'aperçoit que l'attention sous hypnose se porte fortement sur les sensations internes", commente Steven Laureys.

  • Une réduction de la connectivité entre le réseau du contrôle exécutif. C'est probablement là que repose la caractéristique la plus inhérente à l'hypnose, qui la différencie totalement d'autres états de conscience altérés comme la méditation : le détachement vis-à-vis de soi-même et de ses pensées et actions, la perte de l'esprit critique et même, dans certains cas, l'amnésie.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur ces liens :

Neurosciences : L'hypnose modifie le cerveau.

Les dernières recherches en hypnose médicale (podcast France Inter)



Effets neurologiques de la méditation

Une vision bien souvent new age de la méditation dessert sa pratique. Pour de nombreuses personnes, méditer signifie s'assoir et faire le vide... mais c'est bien plus que ça ! Il s'agit plus, comme dit Fabrice Midal, de "se foutre la paix".

Loin de technique à suivre où l'on se met où le se met en tailleur, il s’agit en fait de se reconnecter aux 2 milliards d’informations par seconde (oui, 2 milliards!) qui bombardent nos sens, pour calmer le mental et observer notre vraie nature (plus d’infos sur ce qu'est vraiment méditer dans cet article)


Une pratique régulière, tout comme pour l'hypnose, agit sur le cerveau, les cellules et même l'ADN. Il est bon et important de se recentrer sur le moment présent : Calmer son esprit, en le focalisant sur les perceptions sensorielles, permet de développer un prise de conscience sur nos émotions, nos pensées, nos perceptions, nos schémas inconscients et conditionnés jusqu’à nos besoins profonds. Cette observation de nos états internes permet de favoriser le détachement, le lâcher-prise, augmentant la sérénité et le bien-être.

Depuis une 20aine d'années les publications et recherches se multiplient. La science est désormais capable de tracer les contours précis des bienfaits de cette pratique :

  • La méditation réactive le système nerveux para-sympathique corrélé au repos et à la récupération d'énergie. On note une baisse significative des marques de stress et de l'inflammation. Et c'est donc bon pour le moral !

  • Grâce à l'activation du cortex cingulaire antérieur, le contrôle de l'attention est renforcé. La relaxation étant l'effet antagoniste de l'émotion, elle permet de prendre du recul face aux ressentis. Elle en favorise l'interprétation (métacognition sur les émotions).


Chaque émotion provient de besoins satisfaits ou insatisfaits : la méditation permet de se reconnecter à l'origine même des émotions : les besoins. Cette prise de conscience favorise une meilleure régulation des émotions.


En plus de permettre de permettre de prendre du recul sur les émotions, la méditation donne la possibilité de prendre du recul sur les pensées (qui bien souvent génèrent les émotions !): "une pensée sur ses propres pensées". C'est-à-dire qu'elle ouvre à la possibilité de développer sa métacognition. L'activation et le renforcement au fil du temps de l'insula et du cortex cingulaire postérieur en seraient le reflet neurophysiologique.

Méditation : elle agit sur le cerveau, les cellules et l'ADN .(cliquez sur le lien !)



Une place de choix dans les parcours de soin

La douleur, qu'elle soit mentale ou physique, est source de souffrance. Elle altère la communication que nous avons avec nous-même et avec les autres. En un mot, elle impacte sur la qualité de notre vie.


La psychologie positive, une approche basée sur des recherches concrètes, aborde le bien-être psychique sous l'aspect des pratiques qui permettent à l'individu de se sentir bien, de s'épanouir. Loin de l'approche psychopathologique des troubles, où l'on tente de diminuer le mal-être, la psychologie positive retrace et définit les contours de ce qui permet à l'être humain de s'épanouir, de se sentir bien.


Et comme nous l'avons vu dans la brève introduction de cet article, l'hypnose et la méditation ont des effets mesurables, utiles et fonctionnels. C'est en cela qu'une place de choix leur est désormais donnée dans la psychologie contemporaine et dans les parcours de soin !


Je ne remets pas en question l'utilité d'approches, telles la psychanalyse, qui tentent de travailler sur l'origine des problématiques psychiques. Mais une croyance erronée et bien ancrée (pourtant sans fondement et fortement déconstruite par les recherches contemporaines !) consiste à dire que si l'on supprime un symptôme, il se déplace... BALIVERNES ! BILLEVESEE !


Travailler sur un symptôme, diminuer son impact ou le supprimer, améliore la vie et le bien-être. Et pas uniquement sur la partie de la vie qu’il impacte, mais sur tout le système complexe que constitue le fonctionnement d’un individu, que ce soit dans sa relation avec lui-même ou les autres !


La douleur (psychique ou physique) peut nécessiter l'association de méthodes non pharmacologiques (suivi psychologique pouvant inclure l'hypnose et la méditation) et de thérapeutiques médicamenteuses. D'ailleurs, une approche médicamenteuse seule ne fait bien souvent que masquer les symptômes, les éviter, les mettre en arrière plan... Seule, elle n'est que partiellement efficace. Tant qe les symptômes n'auront pas été le sujet d'un travail en profondeur, ils resteront toujours actifs et partiellement dissimulés, voilés. Nous le savons depuis peu, malheureusement, mais une prise en charge holistique de l'individu, avec une palette d'outils variés dont peuvent faire partie l'hypnose et la méditation, est la voie royale vers un rétablissement et une guérison.





53 vues